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Le cadre réglementaire européen
Aujourd'hui, une grande partie de notre réglementation est issue de règles européennes. En effet, afin de créer un vaste espace financier européen, la Commission européenne a lancé en 2000 un projet d'harmonisation de la régulation financière. Ce chantier est évidemment stratégique pour la France qui se situe en tête de la gestion collective en Europe. Néanmoins, l'harmonisation des législations en matière de gestion collective et d'OPCVM connaît une première étape dès 1985 :
- 1985 : La directive 85/611/CEE donne naissance aux OPCVM "coordonnés", c'est-à-dire librement exportables d'un pays à l'autre de l'Union européenne, en mettant en place un système d'agrément unique, mais restant soumis à chaque autorité nationale.
- 2002 : Devenue obsolète du fait de l'évolution et du développement du marché de la gestion d'actifs pour compte de tiers, la directive de 1985 est modernisée en 2002 via deux directives :
- la directive 2001/107/CE réforme le statut de la société de gestion (harmonisation des règles concernant l'exercice de la gestion et des normes prudentielles à respecter) et améliore l'information fournie à l'investisseur en introduisant un prospectus simplifié. - la directive 2001/108/CE, contient des dispositions relatives aux OPCVM eux-mêmes et élargit le champ des placements autorisés et des actifs éligibles (en validant notamment l'utilisation des dérivés, déjà autorisée en France). Elle étend également le label "coordonné" à de nouvelles catégories d'OPCVM.
- 2004 : Ces directives "OPCVM" (ou UCITS selon leur acronyme anglais) entrent dans le champ de compétence du Comité européen des régulateurs de valeurs mobilières (CERVM ou Committee of European Securities Regulators – CESR), ce qui permet, dès lors, d'avoir recours au processus Lamfalussy (voir l'encadré ci-dessous).
- 2005 : La Commission européenne lance un programme d'amélioration du cadre réglementaire s'appliquant aux fonds d'investissement avec la publication de son Livre vert "Rendre plus efficace la réglementation européenne de l’industrie de la gestion au service des investisseurs" qui propose une série de mesures visant à renforcer l'efficacité du marché unique des fonds.
- Mars-Juillet 2006 : Suite aux réponses à la consultation sur le Livre vert, dont celle de l'AFG, la Commission européenne réunit trois groupes d’experts chargés de rédiger des rapports sur l’efficacité du marché des fonds d’investissement, les fonds spéculatifs (hedge funds) et les fonds de capital-investissement (private equity).
- Novembre 2006 : La Commission européenne adopte un Livre blanc portant sur le renforcement du marché unique pour les fonds d’investissement. Les améliorations vont simplifier la directive OPCVM pour assurer aux investisseurs des informations utiles quant aux coûts et aux performances lors du choix de fonds, et permettre plus facilement aux professionnels du secteur de réduire leurs coûts et de tirer profit de leur spécialisation dans tout le marché unique.
- Mars 2007 : La Commission européenne publie des orientations sur des avant-projets de modifications de la directive OPCVM.
- Juillet 2008 : La Commission publie la proposition de révision de la directive OPCVM qui apporte un certain nombre d'améliorations : la procédure de notification transfrontalière des OPCVM, la fusion transfrontalière de fonds, la création d'un régime européen pour les fonds maîtres-nourriciers, la révision du prospectus simplifié et l'approfondissement de la coopération entre régulateurs. Enfin la Commission présentera, après examen technique par CESR, une proposition permettant l’inclusion d’un véritable "passeport société de gestion".
- 13 Janvier 2009 : le texte de la proposition de directive est adopté par le Parlement européen.
- 22 juin 2009 : le texte de la proposition de directive est adopté par le Conseil de l’Union européenne.
- 29 avril 2009 : La Commission Européenne a adopté un projet de Directive relative aux gérants de fonds dits ‹ alternatifs › (« Alternative Investment Fund Managers » ou « AIFMs »). Consultez la position de l’AFG à ce texte.
- 3 juillet 2009 : La Commission européenne lance une consultation publique sur la fonction de dépositaire d'OPCVM. Cette consultation s'inscrit dans le cadre d'une éventuelle mise à jour des principes législatifs européens en vigueur applicables aux dépositaires d'OPCVM. Investisseurs, gestionnaires et dépositaires d'OPCVM, commissaires aux comptes, prestataires de services d'investissement et régulateurs nationaux sont invités à envoyer leur contribution avant le 15 septembre 2009.
Le processus Lamfalussy
Le processus Lamfalussy, du nom de l'ancien président de l'Institut monétaire européen qui a mis en place cette procédure, est une démarche utilisée par l'Union européenne pour adopter des textes législatifs (directives ou règlements) dans le domaine des services financiers.
Cette approche repose sur 4 niveaux : Niveau 1 – Elaboration de la législation : La Commission propose un texte législatif qui est adopté selon le principe de codécision entre le Parlement et le Conseil européens. Le texte, issu de ce premier niveau, précise les principes cadres et définit les mesures d'exécution. Niveau 2- Elaboration des mesures d'exécution : Le Comité européen des régulateurs de valeurs mobilières (CERVM ou Committee of European Securities Regulators – CESR) se voit confié la mise en œuvre technique de la réglementation. Pour cela, il lance des consultations et collabore avec les autorités nationales de régulation, puis fait une proposition à la Commission. Niveau 3 – Coopération des régulateurs : CESR élabore des recommandations interprétatives communes et assure une mise en œuvre cohérente des règles. Les Etats membres déclinent ces dernières dans leurs droits respectifs. Niveau 4 – Contrôle du respect du droit : La Commission vérifie la mise en œuvre de la législation communautaire par les Etats membres.
Cette démarche permet à l'Union d'être plus réactive et plus efficace dans un domaine où les innovations sont constantes. En effet, les textes ainsi élaborés sont plus adaptés au terrain, car préparés après consultation des acteurs concernés, et plus harmonisés, car intégrant plus de coopération entre les régulateurs des Etats membres.
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